jeudi 3 mars 2011

On my way back...

Et si l'aventure résidait dans le retour plutôt que dans le départ ?














J'ai quitté Paris le 15 mars 2010, nous sommes le 3 mars 2011, je fais escale à l'aéroport de Colombo, derniers instants de cette année complète d'itinérance, d'ailleurs...

Parce que j'ai quitté l'Inde il y a quelques heures et que je ne suis pas encore arrivée en Europe, je me sens dans l'urgence de poster un dernier message "de voyage"... avant qu'il ne soit trop tard !

C'est un moment tout spécial que je vis ces jours-ci, fait de contrastes et d'intensités : la fin cette séquence indienne qui m'a tant touchée, celle de mon année magique d'aventures en goguette... et puis le début d'une vie toute nouvelle, dont je ne sais absolument pas de quoi elle sera faite !

Partir m'avait déjà confrontée à l'inconnu, mais j'ai le sentiment que revenir est un saut encore plus grand dans la nouveauté, le non connu, les possibles... Revenir serait-il donc plus périlleux et incertain que partir ? Voilà une idée au sujet du voyage que je n'aurais pas forcément imaginée... Finalement, je me sens presque plus une âme d'aventurière aujourd'hui, qu'il y a 1 an au moment de mon départ : m'installer dans une nouvelle vie dont rien n'est encore dessiné me parait plus vertigineux que de prendre un avion pour aller se balader à droite à gauche...

Tiens, d'ailleurs si vous avez des idées - surtout si elles sont saugrenues ! - sur ce que je vais bien pouvoir faire en rentrant, vous êtes invités à participer au brainstorming qui vient tout juste de s'improviser à l'écriture de ces dernières lignes ! N'hésitez pas à m'envoyer un petit mot ou à poster un commentaire, on ne sait jamais, vous pourriez être à l'origine DU projet qui va me voir m'épanouir !

Et dans la perspective d'un éventuel dernier message sur ce sympathique blog, profitez de l'occasion pour me demander ce que vous voulez savoir sur les coulisses d'une aventure autour du monde ! Ca nous évitera que je vous resserve les mêmes salades melengoguettiennes auxquelles vous êtes maintenant habitués !!

Voilà, à tout bientôt, à demain, je suis heureuse de retrouver tout le monde !!
Merci encore pour votre soutien et votre regard bienveillant...



dimanche 20 février 2011

Après 12 mois d’itinérance, retour prévu le 4 mars !

Jacques a dit « y qu’à zapper la Jordanie… »















Après discussion à bâtons rompus avec mes Jacques intérieurs, j’ai finalement opté pour la prolongation de mon voyage en Inde, au détriment de la Jordanie. Pas de passage par le Moyen Orient avant de reposer le pied sur le sol européen après un an d’absence…

La date de mon retour est donc à présent bel et bien arrêtée : atterrissage le vendredi 4 mars à l’heure du petit dej !

Je reviens tout juste d'une belle semaine passée à Thiruvanamalai (une ville sacrée) à m'imprégner de ce calme si spécial de l'ashram de Sri Ramana, me laisser habiter par l'énergie intense de la montagne sacrée Arunchala, à méditer, à siester intensivement, à boire des jus de coco avec les copains rencontrés à Auroville...

Je sens maintenant que les 10 jours qui viennent vont être consacrés à me "préparer" à revenir... Depuis ce matin, un petit déclic s'est produit, et je sens que je suis "en mode départ". Ce qui est intéressant, c'est que, même si cela s'annonce challenging, je suis habitée de plus en plus par toutes les belles choses que je vais retrouver !

Pas le temps de vous en dire plus aujourd'hui... mais vous savez l'essentiel !!

mercredi 2 février 2011

3 jours par ci, 3 semaines par là… au Tamil Nadu


Pondichéry & Auroville














Vous êtes nombreux à vous demander où je suis passée depuis que je vous ai donné des nouvelles en direct de la plage de Mamallapuram. Vous pourriez facilement penser que, pendant ces quelques semaines, j’ai arpenté le sud de l’Inde avec un tel mélange de curiosité, d’enthousiasme et de ferveur, que je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me poser. J’avoue que la tentation était en effet grande de sauter d’un endroit à l’autre, d’aller à la rencontre de lieux qu’enfin j’aurais l’occasion de découvrir, comme pour « faire le plein » avant la fin de mon voyage…

A vrai dire, cela ne s’est pas passé tout à fait comme ça… Pas d’accélération et de frénésie de découvertes pour cette dernière séquence de mon itinérance, mais plutôt un ralentissement, un étirement du temps… Un itinéraire simple comme bonjour : 3 jours à Pondichéry et 3 semaines à Auroville. Ni plus ni moins, that’s it, basta.

J’avoue que je n’ai pas particulièrement apprécié le charme ni compris l’intérêt de Pondichéry quand j’y suis arrivée. Mais c’est tout de suite devenu plus rigolo quand j’ai rencontré Charles-Vincent, un jeune indien bien doré comme une brioche qui sort du four. Il m’a baladé dans les parages parce que le monsieur des motorbikes a jugé que je n’avais pas les compétences requises pour conduire un de ses magnifiques scooters ! Depuis, chacune de mes visites à Pondichéry est l’occasion d’apprendre à apprécier mieux l’ambiance de cette ville, et d’aller rendre visite à la maman de Charles-Vincent qui me fait à manger et m'envoie une bonne dose d'amour en me prenant chaleureusement dans ses bras. Que demander de plus ?

Mais surtout, depuis 3 bonnes semaines, je suis installée à Auroville… En arrivant ici, au départ pour quelques jours, j’ai vraiment eu envie de profiter un peu plus longtemps de l’énergie et de la douceur de cet endroit. Et puis, c’est bête à dire, mais après un an de voyage, avec toutes les nouveautés, sollicitations, intensités que cela comporte, j’ai eu envie de vraiment me poser et me ressourcer… histoire d’être en forme au moment de mon retour, qui va me demander de la « gestion » !

Au programme, essentiellement de la méditation, agrémentée de quelques autres activités et rencontres bien nourrissantes… Vous partager mon expérience n’est pas simple, comme à chaque fois que je suis touchée dans un certain niveau de profondeur. Disons simplement que le temps passé ici me fait rencontrer un calme et une douceur inédits, que je suis en train de me détendre profondément, et que, plus que jamais je suis dans mon présent, avec une confiance grandissante en mon avenir… Même les inquiétudes liées à mon retour se sont allégées !!

Voilà donc les dernières nouvelles… Je vais bientôt pouvoir vous en donner en vrai et vous claquer des bises en chair et en os. La date de mon retour n’est pas encore complètement fixée, je dois à présent décider de comment je m’organise pour la suite, ce que j’ai un peu de mal à faire (what a surprise !)...

Bref, si Jacques a dit « On va en Jordanie », alors je suis de retour le 28 février. Et si Jacques a dit « On zappe la Jordanie pour prolonger l’Inde », alors je ne sais pas encore quand je reviens…

A votre avis, que va dire Jacques ?!



vendredi 7 janvier 2011

Premiers pas paisibles en Inde

Vârânasî (Bénarès) & Mamallapuram















A l’issue de ces 3 mois passés au Népal, dans le contexte que tu connais, lecteur assidu enthousiaste et curieux, je me demandais à quelle sauce allait me manger l’Inde. Je m’anticipais noyée dans des saveurs d’épices un peu trop fortes pour moi, après une expérience népalaise au goût de reviens-y.

Mon visa indien en poche, l’heure était pourtant venue de gagner la frontière pour passer dans ce monde nouveau, inconnu, au sujet duquel j’avais entendu des milliards de choses, et que j'abordais avec un peu d'appréhension. Ma seule source de satisfaction était de quitter le régime alimentaire auquel j’ai été soumise par des népalais trop bien intentionnés, et grâce auquel je commence à ressembler à Grosquick. En moins jaune certes, mais c’est un détail qui ne me réconforte que moyennement.

Bref, ça y est, nous y sommes, c’est l’Inde. Passage de la frontière en 10 minutes, easy. Bus attrapé en 2 temps 3 mouvements, avec même une (toute petite) place assise. Re-easy. Bizarre… Il faut dire que je fais le voyage avec Marc, croisé 2 fois à l’Ambassade d’Inde à Katmandou et retrouvé à Lumbini pour le réveillon de Noël. Un allemand de plus de 2,04 mètres dans les bagages, ça simplifie pas mal les choses quand on est une jeune femme qui a l’habitude de voyager seule !

Je vais donc décider d’en profiter encore un peu en m’arrêtant avec lui quelques jours à Vârânasî (Bénarès), avant de continuer ma longue route vers le sud. Là encore, je découvre une ville dans laquelle le combat auquel je m’étais préparée n’est pas nécessaire. Les enfants sont peu nombreux et bourrés d’humour, les rabatteurs bien moins insistants qu’ailleurs, les arnaques inévitables mais elles font partie du jeu. Nous y retrouvons quelques uns des innombrables amis de Marc. Du monde, il en croise en pagaille : ce veinard voyage au moins 6 mois par an depuis plus de 20 ans. C’est évidemment un super expert du globe-trotting (une norme iso dans le domaine serait encore trop souple pour lui), mais je suis surtout frappée par la liberté de penser et l’ouverture qu’il a développées. Si le voyage rend comme ça, je veux repartir tout de suite !

Petit exemple de l’organisation allemande, et de sa gentillesse :
     - "Ok Darling, now I’m gonna make you a hot lemongrass because it’s good for you. Then I have to work a little bit on this fucking website, and after I will pump you water because you need it for your yoga tomorrow. If you want Baby, you can have your shower now and we’ll go out for dinner to the organic place
     - Euh… ok !

Tu noteras, Lecteur, la liberté de ton que donnent 2 décennies de baroude. Moi, je n'en suis pas encore à appeler tout le monde Honey, mais j'avoue qu'au contact de Marc, mon anglais s'est truffé de mots fort indélicats...

L’année 2011 inaugurée, il est ensuite temps pour moi de pursuivre mon chemin vers le Tamil Nadu (en bas à droite sur la carte), jusqu’à Mamallapuram. Je sors de mes 48 heures de voyage, dont 44 heures de train (!) un peu sonnée mais contente de savoir que les jeunes indiens reconnaissent la France pour ses boulangeries et son french kiss, que 99% des mariages d’amour échouent alors que 99% des mariages arrangés sont des succès, qu’il y a 4 règles pour avoir une bonne vie mais surtout pour se préparer une meilleure incarnation dans la prochaine, que les lignes de ma main me prédestinent à 2 mariages (le 1er sera surement un mariage d’amour, quelle erreur !)…

Arrivée à Mamallapuram, le sentiment d’étrangeté que j’avais à Vârânasî s’est dissipé. Là-bas, les choses me paraissaient obéir à un ordre supérieur dicté par une logique d’une nature inconnue. Ici, tout semble rentré « dans l’ordre ». Il faut dire que la ferveur des pèlerins qui viennent se baigner dans le Gange tranche avec la zen-attitude des touristes au look "je fabrique des fromages de chèvre dans la drôme" ou "Je me suis installé en Inde il y a 20 ans et j'ai arrêté de me couper les cheveux". A moins que je ne commence aussi à m’habituer à la réalité indienne…

Prochaine étape, Pondicherry !

Quelques (mauvaises) photos ici…

Incredible New Year !!

From Incredible India...

jeudi 23 décembre 2010

A la rencontre d'une communauté bhoutanaise

Beldangi, Bhutanese Refugee Camp (Eastern Nepal)
















Comment vous parler des quelques jours que je viens de passer à Beldangi, dans la famille de mon ami Chetan ?

Chetan, lors de notre virée lessive/bain
Commençons par lui, Chetan, mon coup de cœur de Thaprek. Il y est principal dans une petite école privée, où travaille également sa ravissante femme Tika et une de leurs amies d’enfance, Damanta. Tous trois ont quitté leur village d’origine, Beldangi, ce camp de réfugiés bhoutanais, pour se donner une chance de réussir leur vie en ayant un travail correct. Et tous trois ont pris grand soin de moi pendant mon séjour dans les montagnes népalaises. Je me suis vraiment laissée apprivoiser, ce qui est finalement plutôt rare. Ils ont réussi là un joli challenge !


C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai accepté l’invitation de Chetan à le rejoindre dans sa famille, où il est venu passé quelques jours. Ses parents, comme tous les gens de la communauté, vivent dans ce camp de réfugiés depuis 1991, moment où le Roi du Bhoutan a expulsé du pays les citoyens qui n’étaient pas de « purs Bouthanais ». Beaucoup d’entre eux sont alors revenus au Népal, dont leurs familles sont issues. Mais ils n’ont pas tout à fait été accueillis comme des enfants du pays.


Ils n’ont aujourd’hui pas plus de citoyenneté népalaise que bhoutanaise, ce qui leur ferme l'accès à tous les emplois gouvernemantaux. Leur statut : réfugiés. Ils vivent dans des huttes en bambou, sans eau courante, sans électricité, sans travail pour la grande majorité d’entre eux, et sont par conséquent quasi entièrement dépendants de l’aide alimentaire qui s’amenuise année après année. Pas d'espoir de retourner au Bhoutan (et l'envie semble les avoir quittés), c'est bien plus loin qu'ils entrevoient un possible pour eux... l'Amérique...



La question qu’ils m’ont le plus posée : « How far is France from America ? ». En fait, la communauté se divise en 2 grandes catégories : les familles qui se préparent à immigrer aux Etats-Unis et celles qui restent à Beldangi. Avec le support de l’IOM, beaucoup ont déjà quitté le camp, et il y a de nombreux départs prévus dans l’année à venir. Selon leur situation et leurs envies, ces gens sont contents, inquiets, frustrés, résignés, tristes… Et tous semblent se sentir concernés par le sujet.


Ils se demandent si « exister » (c’est le mot qu’ils utilisent) est possible là-bas, et étaient curieux d’avoir mon avis. Que dire ? Si ce n’est que le changement qu’ils s’apprêtent à vivre est CO-LO-SSAL…

Inutile de vous dire que j'ai été accueillie, encore une fois, avec beaucoup de chaleur et de générosité par ces gens qui n'ont rien... J'ai donc fêté mes 35 ans (!), sans gâteau d'anniversaire, mais avec un curry de poulet savamment préparé par une bande de jeunes adorables. Pour trinquer, quelques verres d'un alcool local dont je n'ai pas su déterminer la nature, la lumière chaleureuse d'une lampe à huile, et "lots of love because this is all we can give you for your birthday..."


Rien à ajouter... Le seul mot qui me vient en écrivant : reconnaissance...


Peu de photos de ces moments, car j'ai eu beaucoup de pudeur à sortir mon appareil... Mais voici tout de même quelques clichés...


Pour ce qui est des nouvelles, mon itinérance vers le sud de l'Inde démarre aujourd'hui. Je quitte Katmandou ce soir pour prendre un bus vers le sud du Népal. Je m'arrête à Lumbini, qui serait le lieu de naissance du Bouddha. Passer le réveillon de Noël là-bas est une idée qui me plait bien...

Thaprek, les images !

Simple life...

















Après quelques jours dans le district de Jhapa, à l’extrême est du Népal, me voilà tout juste revenue à Katmandou ce matin à 5 heures. Encore toute crispée d’une nuit glaciale passée dans un bus à l’ambiance de boite de nuit népalaise (même avec boules quies la musique était étourdissante), et mené a folle allure dans les routes sinueuses du Népal par un chauffeur dont la conduite ne peut, selon moi s’expliquer que par deux choses : soit ce monsieur était très en colère et avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose, soit il était sous l’emprise de substances douteuses et illicites…

Maintenant qu’il est 6 heures, je laisse à la ville le temps de se réveiller et tente de réchauffer mes pieds dans le seul endroit que j’ai trouvé ouvert, en mangeant un gâteau à la banane (c’est bien connu, tout le monde sait que le banana cake est bourré de vertues intéressantes, dont celle de ramener à la vie les orteils engourdis par le froid). Le moment idéal pour vous partager mes photos de Thaprek, avant de filer poursuivre mes démarches de demande de visa pour l’Inde…

Thaprek, c'est par ici en images !
Attention si vous êtes au bureau, il y a du son...


PS. : Je tiens à remercier mon ami Bertrand pour son idée de diaporama, que j'ai piquée sans aucun scrupule...


vendredi 17 décembre 2010

Thaprek, un joli chapitre qui prend fin...

Objectif Inde dans 10 Jours ! 




















Et voilà, ma vie d’Heidi dans les montagnes de Thaprek est terminée. J’ai quitté mon village le cœur gros certes, mais plein de tous ces cadeaux que la vie m’a offerts au cours de ces deux derniers mois. De belles dernières semaines là-bas, riches et généreuses.

D’abord, le soleil est revenu et le brouillard s’est incliné devant la présence majestueuse des montagnes, qui ont ainsi pu reprendre leur magnifique spectacle quotidien.

Et puis, j’ai enfin eu l’occasion de poser les mains sur quelqu’un ! Les filles, on se calme, je parle de séances de fasciathérapie pour essayer de soulager les innombrables douleurs des habitants du village… Je me suis installée quelques jours dans le cabinet médical, avec André, un volontaire suédo-portugais (!) rencontré à Pokhara, que j’avais invité pour l’occasion. André est masseur, il a d’ailleurs fait de véritables miracles... Pour être honnête, moi un peu moins, mais je suis ravie de ces beaux moments passés à prendre soin de personnes venant me confier leurs petits (mais robustes) corps douloureux (je n’ai jamais vu de scolioses aussi impressionnantes ! ). Poser les mains sur de vieilles femmes qui sentent la paille ou le feu de bois, qui me caressaient les cheveux pendant que je travaillais, m’apportaient des oranges et m’invitaient à boire le thé chez elles le lendemain… Pas de commentaire… Ah si, je regrette de ne m’être pas lancée plus tôt !

Globalement, ces dernières semaines se sont écoulées dans une grande fluidité et une belle détente. Les élèves ont enfin laissé tomber le « Miss » pour passer au « Mélaniiiie » à tout bout de chant et même s’aventurer à jazzer avec moi. Les adultes ont fini par arrêter de supposer qu’étant une femme, je ne buvais pas, et ont sorti leurs bouteilles de raksi à tour de bras. Où que j’aie été, je me suis sentie bien, et libre, ce qui est une grande nouveauté pour moi !

Bon, je m’arrête là, tout le monde à compris que je suis plus que ravie de mes deux mois passés dans le cœur du Népal. Je vais donc me contenter de vous partager quelques photos.

Pour l’instant, revenue à Katmandou, je pars dans quelques heures pour l’extrême est du Népal, à la limite de l’Inde. Je vais passer quelques jours avec mon ami Chetan rentré dans sa famille, qui vit dans une ville de réfugiés Bouthanais. A suivre…

La connexion internet étant particulièrment mauvaise aujourd'hui, je crois qu'on va se passer des photos, je vous les posterai à mon retour à Katmandou la semaine prochaine...

jeudi 16 décembre 2010

Danses et rythmes Gurungs

Du folklore dans toute sa noblesse




















Je ne suis pas sûre de vous l’avoir dit, mais si Thaprek est une communauté mixte en termes de castes et de religions, c’est majoritairement un village Gurung, une ethnie originaire du Tibet. Pour être précise, je n’ai pas réussi à savoir si les Gurungs sont une ethnie ou une caste, et je crois que c’est les 2 mon capitaine. Des traits physiques communs, des traditions spécifiques qui intègrent et s’intègrent dans l’ensemble des autres usages du pays, et une langue propre, dont je n’ai pas pu apprendre plus de 3 mots (dont le plus important : « Toï », à prononcer en guise de « stop » quand votre verre de Raksi, le vin local à base de millet, se remplit dangereusement une nouvelle fois).

Bref, la semaine dernière, un ancien du village a rendu son dernier souffle. La vie habituelle de la communauté s’est donc temporairement suspendue, pour se réorganiser autour de festivités dictées par les traditions Gurungs. Pendant trois jours entiers, les hommes du village se sont relayés pour honorer le défunt avec des chants et danses, préparer le dal bhat pour l’ensemble du village et gérer les formalités liées à la disparition de l’Aîné.

Au cœur de ces journées intenses, l’un des moments forts a été celui que je vous partage ici. Tout le monde est venu assister à ce rituel de danse traditionnelle, où se côtoient quelques personnages importants de la culture Gurung, notamment démons et « jokers », qui donnent la réplique aux danseurs. Si vous avez 45 secondes devant vous, je vous invite à aller voir ce tout petit film par là.

mercredi 15 décembre 2010

Bien commencer la journée à Thaprek...

L'Hymne National Népalais, vous connaissez ?

















Mon expérience dans les montagnes de Thaprek étant à présent terminée (il fallait bien que ça arrive...), me voici tout juste revenue à Katmandou. Objectifs de la Mission KTM : obtenir mon visa pour l'Inde ET vous préparer une poignée de photos.

Pour vous faire patienter, voici juste quelques images d'un début de journée classique à l'école. J'avoue que je ne sais pas bien quoi penser de l'exercice de discipline, mais je me suis délectée tous les jours en écoutant les petites voix chanter l'hymne national... Tenez, voyez vous-mêmes... C'est ici

 


samedi 27 novembre 2010

Un seul événement cette semaine : EMMA...

Appelez-moi Tatimel !
 


















Rien d'autre à vous partager cette semaine que cet essentiel : Emma est née le 23 novembre 2010, ce qui signifie que je suis enfin tatiiiiie !!

Mes sources m'informent qu'Emma et Virginie, sa maman, vont super bien, et rentrent à la maison demain. Quant au papa, mon frère Aurélien, il a l'air d'avoir déménagé au Village dans les Nuages depuis l'arrivée de son petit bijou, dont il est déjà très très fier...

Même de loin, il est plus qu'évident que tout le monde est gaga dans les 2 familles. Et moi, par pure solidarité, je verse régulièrement quelques petites larmes en pensant à tout ça...

Et j'ai découvert avec bonheur qu'Emma est née avec plein de cheveux (comme sa tatie), ce qui lui promet un destin capillaire hors du commun. Elle est chanceuse la starlette, Tatimel sera là pour la coacher dans ce domaine !

samedi 20 novembre 2010

Crise de jalousie

Le livre que je n'écrirai pas




















Je ne savais pas que j’étai censée écrire un livre, jusqu’au moment où je suis tombée sur celui là, que vous devez bien connaître puisque le film est maintenant sorti en France : Eat, Pray, Love, d'Elizabeth Gilbert.

Je l’ai vu dans chaque aéroport depuis mon départ, j’ai toujours commencé à parcourir la quatrième de couverture en m’arrêtant en bout de quelques lignes. Le récit de voyage d’une fille de 34 ans qui quitte sa vie pour partir à la rencontre d’elle-même, je trouvais ça super posh et sans intérêt… Et puis moi, Messieurs Dames, j'en faisais autant, alors je n'avais rien à en apprendre...

Et la semaine dernière, sans savoir vraiment quelle mouche me piquait, j’ai parcouru toutes les librairies de Pokhara pour le trouver (comme le jour où j’ai fait tous les magasins de sport de Sydney et même de sa banlieue pour dégoter les sandales de marche de mes rêves). Et bien figurez-vous que ce livre est celui que j’étais censée écrire, ou que j’aurais voulu écrire !

Tout ça pour vous dire que je suis terriblement jalouse de cette fille ! De la manière dont elle a conçu son voyage, de ce qu'elle y vit (remarquez, je suis pas encore arrivée à la fin du bouquin, je vais peut-être être rassurée), de sa capacité à le mettre en mots avec un sympathique mélange d'esprit, humour et d'authenticité, et tout et tout !

Qu'est ce que je vais faire du coup à mon retour moi ?!
Any Idea welcome...

Coule la vie... Cool la vie !

Chaque chose en son temps...
 




Les temps changent…

Voici venu celui de la récolte du riz, qui est maintenant entièrement coupé. La nature a à présent une couleur et une allure différentes. Les champs se sont peuplés pour l’occasion d’hommes et de femmes groupés autour des tas de riz. Dans une apparente bonne humeur (la récolte est peut-être bonne cette année, il faut que je leur demande), ils battent les grains, les empaquètent, lient les bottes, transportent le tout sur leur dos vaillants mais fatigués.


Le temps change…

Impossible d’apercevoir une seule fois la chaine des Annapurnas, aussi majestueuse soit-elle, depuis mon retour à Thaprek la semaine dernière. Finies les couleurs rose et orangé qui réchauffaient les champs de millet, les maisons et les cœurs. L’horizon a disparu, la visibilité est limitée par le brouillard et les nuages. Quand on regarde autour de soi, tout dans l’air est blanc… Pour cette fois, je vous épargne la photo diaphane.

Et du soir au matin, le froid œuvre avec chaque jour plus de vigueur. Non pas que les températures soient négatives, mais quand on n’a pas de vitre à ses fenêtres et qu’on se lave dans la cour de l’école avec de l’eau fraiche, on y est comme qui dirait plus sensible… Cette semaine, j’ai sorti mon ultime botte secrète : mes sous-vêtements en laine. Pour lever toute ambiguïté, je précise que je n’ai pas (encore) de culotte ni de soutien-gorge en mérinos, mais qu’il s’agit de mes collants et sous-pull de montagne. La encore, vous êtes chanceux, je vous épargne la photo.


Et puis, il y a des choses qui ne changent pas ici…

Le clair de lune par exemple. Je crois que jamais de ma vie auparavant je n’avais été attentive à cela. Pourtant depuis mon arrivée ici je suis frappée par la couleur de la nuit. Même avec un ciel de plus en plus couvert, même avec un tout petit croissant de lune, la lumière nocturne est extraordinaire. A Thaprek, quand il fait nuit, il fait clair. Je ne m’en lasse pas…

Un autre indémodable, l'éternelle discussion, celle que je vois arriver avant même qu'on mot ne soit formulé. Chacun leur tour, les profs ont tenté leur chance, pour en avoir le coeur bien net :
   - Melanie Miss !
   - Ajur ? (yes ?)
   - How old are you ?
   - I’m 34. I know, that’s old for a volunteer…
   - …
   - …
   - Melanie Miss !
   - Ajur ?
   - Are you married ?
   - No, I am not married.
Là, voyant mon interlocuteur tomber dans un abîme de perplexité et de compassion, je m'empresse d'ajouter : " Not yet. Maybe later ", pour lui montrer que j’ai quand même l’intention de rentrer dans le droit chemin, malgré le fait que je sois déjà à moitié périmée, en tous cas du point de vue népalais... Bref, toujours le même exercice de style, pour lequel je suis à présent un peu mieux rôdée...


Et la vie qui suit son joli cours à Thaprek...

Cette semaine, on a fait classe dehors, pour cause de travaux dans l’école. Les alentours avaient un petit air de colonie de vacances, qui a donné des velléités d’oisiveté aussi bien aux élèves qu’aux enseignants. Tout le monde était « à la cool », à l’exception de la volontaire française dont vous avez peut-être entendu parler, qui s’est collée un peu la pression après avoir fait un cours à une nouvelle classe. Cours que nous qualifierons sans exagérer de désastreux. Heureusement, la mayonnaise commence à prendre avec les autres. Ca ne parle pas beaucoup plus anglais qu’avant, mais l’étape du mutisme a été dépassée, et la communication est rendue possible par un mélange de mots, d’onomatopées, de gestes et de rires...


Tranquilles les profs, à 1 heure
de la fin de semaine...
Ces derniers jours, j’ai aussi fait classe aux tous petits, qui m’ont littéralement fait fondre. Ils ne savent pas encore écrire ni lire, me parlent en népalais, me regardent avec leurs grands yeux curieux qui plongent jusque dans le fin fond de mon cœur. Ils me montrent fièrement leur cahier avec le gribouillage censé représenter le joli bonhomme que je leur ai fait dessiner pour leur apprendre les parties du corps. Ils sont tous contents (bien moins que moi surement) de faire des trucs nouveaux, même s’ils ne comprennent même pas que j’essaie de les faire chanter, ou bouger… Bref, c’est un peu n’importe quoi, mais tout le monde prend du plaisir !



 Et puis, j’ai commencé cette semaine à aller visiter des familles pour collecter des infos sur celles qui pourraient bénéficier d’aide dans le cadre d’un programme de parrainage. Je fais ça avec Muni Raj, le Directeur de l’école, qui sert d’interprète. Heureusement, parce qu’autant je suis capable de poser la plupart des questions dont j’ai besoin en népali, autant je suis vite larguée dans la compréhension des réponses…  Presque rien pour vivre, pas d'artifice dans l'accueil, la générosité sans prétention et la simplicité d'être des gens de peu. Je m'arrête là devant le constat que je ne sais pas vous parler de ces gens sans tomber dans les clichés que j'aimerais pourtant éviter... Je continue la semaine prochaine, j'aurai peut-être plus de mots pour vous partager ce que je rencontre et le lieu ému de moi dans lequel ça me met...
 

J'avais encore d'autres choses à vous partager aujourd'hui, mais je vais les garder pour une autre fois, voire même quand on trinquera à nos retrouvailles après mon retour... Eh oui, j'avoue que je commence à entrevoir l'échéance qui approche, ce qui d'un côté m'excite un peu. Mais d'un autre côté, je me vois essayer de nager à contre-courant pour remonter le cours du temps, et en gagner un peu... Huit mois à présent que je suis en voyage, alors que j'ai l'impression que c'était juste hier que je m'effrayais d'en être déjà à sept...
 
C'est cuieux ce sentiment. Le temps s'écoule avec une lenteur et une douceur inédites à Thaprek. Et pourtant, tout se passe comme si par ailleurs il s'accélèrait... Est-il possible de vivre dans 2 dimensions différentes ?
 
Ah, j'allais oublier : je pense fort à vous...

mardi 9 novembre 2010

Happy Tihar !

About putting Tika in 1 minute...
 















Danse traditionnelle dans la rue
A l'occasion de la fête de Tihar qui dure 5 jours, il se passe plein de choses dans les rues et dans les familles. Parmi tant d'autres, la ville se pare de lumières à la nuit tombée, les enfant et les jeunes chantent et dansent dans la rue pour récolter de l'argent, chacun illumine l'entrée de sa maison ou de son magasin de bougies, dessine sur le sol un cercle de terre pour accueillir les pas de la Déesse Laxmi, fabrique des colliers de fleurs, prépare une cuisine de fête, achète des cadeaux...
Et puis tout le monde a droit à son Tika. Le Tika, c'est la marque rouge que vous voyez sur le front de la majorité des gens ici. Les chiens et les vaches (et les portes) y ont droit aussi, avec le collier de fleurs qui va avec s'il vous plait !


C'est le dernier jour qui semble le plus important, celui ou les familles se rassemblent pour que les frères et soeurs puissent se parer mutuellement d'un Tikka qui est, pour l'occasion, composé de 7 couleurs. Après, c'est classique : on mange. Vite, et beaucoup...

Atelier collier de fleurs avec Achala
Vous vous en doutez, je simplifie... Je viens de passer quelques belles journées chez l'une des enseignantes, où j'ai été accueillie comme une enfant de la famille. Un condensé d'expériences et de sollicitations tellement denses que je ne sais même pas comment mettre en mots,  et pour lequel je n'ai pas non plus vraiment d'images (bien que j'ai retrouvé un petit appareil photos que je qualifierais de basique). Mais voici tout de même une petite vidéo qui vous donnera à sentir l'ambiance de ce moment d'échange de Tika dans la famille dans laquelle je viens de passer quelques jours... Film artisanal, mais bon, on est entre nous !


Après cela, tout le monde a bien mérité quelques jours de... vacances ! J'ai appris au dernier moment que l'école était fermée jusqu'à samedi, me voilà donc en goguette pour quelques jours... eh oui, encore !

En espérant que ça marche, retrouvez la vidéo ici.

Des gros becs à tous !!

jeudi 4 novembre 2010

Vie à Thaprek : Acte II - Première scène

Une histoire d'interculturalité















        - GOOOOD MORNIIIIING MIIIIIIIIIIIISS !
        - Good Morning everybody, sit down please.
        - THANK YOUUUUU MIIIIIIIIISS !
        - How are you today ?
        - I’M FIIINE THANK YOUUUUU !

Voilà l’un de mes moments préférés de la journée, celui en tous cas qui me fait le plus fondre. Plein de petites pairs d’yeux qui m’accueillent avec ce qui ressemble presque à une chanson, tellement c’est mélodieux, et exprimé avec l’enthousiasme et les décibels qui vont bien.

        - Do you remember my name ?
         - MELANIIIIIIIIIIIIIIIE !!

Wouaouh, il y aurait de quoi se prendre pour une star de la chanson qui entre sur scène !! Le public est au rendez-vous, l’énergie qui va avec également, de quoi vous donner la pêche pour toute la journée !! Toutefois, ce tableau là, c’est pour les petites classes uniquement. Tout se passe comme si la fraicheur et l’enthousiasme disparaissaient avec l’arrivée des boutons d’acné (je sais, je n’invente rien), et là, c’est un brin plus corsé…

        - What is this text talking about ?
        - …
        - Ok, look at the picture, what do you see on the picture ?
        - …
        - How many people are there on this picture ?
        - …
        - Do you understand what I am saying ?
        - …
          [Petit pas de danse savamment effectué pour tenter d’attirer l’attention]
        - …

A ce moment là, en général, je sens que je commence à transpirer, et je suis partagée entre poursuivre dignement ce que je suis en train de dire, et… ben là justement, je ne sais pas quoi faire d’autre…

Tout ça pour dire que ma deuxième semaine à Thaprek est marquée par d’avantage de contraste que la première ; c’est un peu moins confortable, même si toujours aussi intense. Au-delà du fait qu’on commence à se cailler les miquettes sévère et qu’il y a un prof qui vient utiliser MES toilettes la nuit et qui me fout les chocottes, il y a, vous l’avez compris, des élèves atteints d’un étrange mutisme, des profs que je n’ai pas toujours trouvés coopérants (ce que je peux d’ailleurs comprendre…), et une organisation qui tarde à se mettre en place… Moins de fluidité donc, mais rien de bien méchant. Ca, c’est pour vous faire pleurer un peu et que vous ayez (au moins une fois) un peu de compassion pour la difficile aventure que je vis !
Finalement, je me disais cette semaine que cette histoire de volontariat n’est qu’une excuse bidon, une folle mascarade, une imposture... Sous prétexte de donner un peu de mon temps dans une école, je me retrouve à faire une expérience interculturelle magnifique. Je ne suis pas sûre que j’apporte à cette communauté plus qu’elle ne m’apporte, je suis même certaine du contraire. Je vis au contact de chacun des choses qu’il ne m’aurait jamais été donné de rencontrer par ailleurs… C'est peut-être ma manière de voyager qui a jusqu'à présent été trop superficielle, mais j'ai aujourd'hui le sentiment d'avoir accès à un éventail de possibilités de partage plus étendu et approfondi... Par exemple, à quelle autre occasion aurais-je pu aller manifester avec le syndicat des enseignants pour la paix et la sécurité des profs suite au meurtre de 2 d’entre eux ?

Ce week-end, c'est la fête deTihar, au cours de laquelle on célèbre la Déesse Laxmi, Déesse de la richesse. Je vais donc passer les prochains jours dans les familles respectives de 2 des enseignants, je suis ravie !


La suite de l'histoire au prochain épisode !


PS. : Pas de photo jusqu'à nouvel ordre, non appareil photos s'est mystérieusement volatilisé lors de ma dernière visite à Pokhara...

dimanche 31 octobre 2010

Reportage au pied des Annapurnas

Dans le souci de mener une investigation rigoureuse et approfondie, nous avons dépêché notre envoyé spécial au Népal, à la rencontre de Mélanie, qui y est depuis plus de 3 semaines maintenant. Voici le résultat de leur échange, qui nous permettra, pour une fois, d’avoir des informations de première main sur ce qu’elle vit là-bas, dans le petit village de Thaprek. Elleessaie de nous faire croire qu'elle y est volontaire, voyons vraiment ce qu'il en est...




Mélanie, tu nous as dit que tu partais dans les montagnes. Peux-tu nous préciser où se situe Thaprek ?

Thaprek est un ensemble de 9 petits villages situés sur un flan de montagne à quelques encablures de Pokhara, je dirais entre 30 et 40 km un peu plus à l’est. Thaprek 7 où je suis installée(le septième village que l’on atteint depuis le bas de la vallée), est à 1700 mètre d’altitudes. Le cadre est magique puisque nous sommes sur la crête de la montagne, avec d’un côté la vue sur les Annapurnas et la vallée de Pokhara, et de l’autre coté un ensemble de vallées qui se succèdent à perte de vue. Et puis le village est charmant, des jolies maisons, des champs de millet en terrasse, le tout enrobé d’une belle lumière bien chaude...


C’est bien joli tout ça, mais tu vas faire quoi là-bas ?

Bonne question. Je suis volontaire pour une ONG qui a financé une école secondaire accueillant environ 350 élèves, qui ont entre 5 et 15 ans. L’idée initiale était de participer à des projets à l’école, mais aussi dans la communauté (le village). Mais, comme je suis seule étrangère sur place, que je ne parle pas plus népali que les villageois ne parlent anglais, il est encore bien trop tôt pour cela. Donc, je vais commencer à l’école. Et croyez-moi si vous voulez, je vais donner des cours d’anglais ! Comme quoi, nous avons là une belle preuve que l’improbable et l’absurde ont une place dans notre existence… Trêve de plaisanterie, ça risque d’être compliqué car le niveau est vraiment très faible, et il est probable que cela ne soit possible qu’avec les plus grandes classes. Je suis donc en train de réfléchir aux autres activités que je peux proposer : jeux, éveil corporel, chansons, dessin pourquoi pas…


Et comment t’es tu préparée à tout ça ?

Rien de bien compliqué, j’ai continué à profiter de la tranquillité de Pokhara avec Bertrand, et j’ai fait une cure d’Hélène et François. Rien de tel pour donner des forces, c’est comme le pollen ou la gelée royale à l’entrée de l’hiver. Je les ai retrouvés après leur trek autour des Annapurnas, beaux, affutés, enthousiastes, amoureux… Après plus de 8 mois sans les avoir vus autrement que par ma petite fenêtre skypienne, c’était bon de regoûter à leur présence, à la facilité de nos relations, à leur humour en chair et en os, et à leur tendresse pour moi.

En revanche, pour être complètement honnête, en ce qui concerne ma mission en elle-même, je ne me suis pas vraiment préparée. Et je ne rends compte que c’est une erreur, parce que je me sens un peu démunie. Je n’ai en effet d’expérience ni en animation, ni en enseignement, et je suis venue au monde avec la créativité d’un poisson rouge. J’ai rencontré une volontaire qui bosse dans le bas de la vallée, et qui a apporté son matériel : instruments de musique, fiches techniques pour des activités ; cordes à sauter… Moi, j’attendais de pouvoir appréhender mieux les besoins sur place, mais il est clair que j’aurais dû anticiper plus ! Pour résumer, c’est maintenant que je me prépare, en les regardant et en commençant à me faire mon idée.


Comment ton arrivée sur place s'est-elle passée ?

En fait, ça a été plus facile que je ne l’avais imaginé, puisque je n’y suis pas montée seule. Nous étions avec le boss de l’ONG, le directeur de l’école, et quelques français qui parrainent des enfants dans la communauté. Cela m’a donc permis un atterrissage là-bas en douceur.

Le moment de l’arrivée en lui-même a été très étonnant : haie d’honneur formée par les enfants qui nous offraient des colliers de fleur, et grand cérémonial dans la cour de l’école ! Ma première réaction a été de trouver ça too much, voire un peu kitsch. Mais dès que je suis descendue du 4x4, je me suis laissée surprendre par l’émotion, c’était vraiment beau et touchant de fraîcheur et de générosité.

Et je me sentais sereine quand les autres français sont partis, et que je me suis retrouvée seule là-bas. De toutes façons, j’ai été « confiée » pour la journée à l’une des profs, qui m’a maternée pour le reste de la journée. Comme c’était une journée de vacances, j’ai passé une partie de l’après-midi à regarder des film népalo-bollywoodiens avec les deux vieilles dames de la maison, puis en visite dans le village, à engloutir tous les thés, goyaves et oranges que l’on m’a servis… Tout a donc été assez fluide pour moi, la barrière de la langue ne m’empêche pas de me sentir bien, même si c’est parfois un peu compliqué.


Et tu as tout de suite commencé tes activités ?

Non, je suis pour le moment en observation. De toutes façons, je n’ai passé au total que 3 ou 4 jours là-bas avant de revenir à Pokhara, donc tout à té très rapide. Jusqu’à présent, je suis allée en cours dans les différentes classes pour voir comment ça se passe et prendre des repères. Et j’ai rendu visite à la volontaire d’un autre village pour voir comment elle travaille. C’est d’ailleurs cela qui m’a mis un peu de pression, c’est une instit. de profession, et je vois qu’elle a une approche bien plus professionnelle que moi… Mais, pour une fois, je ne me dis pas que je ne suis pas capable, je vais tenter des trucs, et on verra bien. Et je me rends compte que la différence de culture est telle que je ne suis même pas sure que ce qui marcherait avec des élèves français a du sens avec les népalais. A suivre donc…


Puisque tu parles de différence, qu’est ce qui t’a surpris le plus ?

A l’école, je suis surprise par le peu d’interactivité qu’il y a en classe. Les cours ont l’air d’être donnés assez magistralement, et les échanges sont très limités. Du coup, les élèves ont un comportement qui me fait un drôle d’effet, ils ont l’air tout à fait passifs, ou ailleurs. Et même lorsqu’on les interroge, ils ne répondent pas, ou se contentent de marmonner une réponse que même le prof a du mal à entendre. Autant vous dire que quand c’est moi qui leur pose une question, je me retrouve face à un mur…

En réfléchissant à cette question, je me rends compte que je n’ai pas d’autre surprise majeure, je prends les choses comme elles viennent, et me glisse dans la vie qu’on me propose. Mes autres étonnements vraiment très anecdotiques. Par exemple, j’ai rencontré une vieille femme qui ne savait pas si j’étais un homme ou une femme parce que j’avais les cheveux courts. Ou encore, pendant l’après-midi que j’ai passé à visiter le village, on m’a emmenée dans une maison qui avait la télé avec le satellite. Je m’attendais à ce qu’on me mette les news en anglais, mais après un zapping soigné, on m’a collée devant… un combat de catch féminin ! …

Dans l’autre sens, je crois que ce qui surprend le plus les gens du village, c’est que je n’ai pas peur de dormir seule dans l’école, et que cela me convienne de passer mes soirée là-bas. Je crois qu’ils préfèreraient me savoir dans une famille. Mais finalement, les temps que je passe seule sont très rares, à chaque fois que je croise quelqu’un, il me fait un brin de causette et me demande si je ne m’ennuie pas…


Bon, on a fait un bon tour d’horizon de tes premiers pas à Thaprek, on t’attend pour la suite. Est-ce que tu veux en profiter pour passer un message à tes amis ?

Ouuuiii ! Quand je lis leurs mails, j’ai l’impression que beaucoup s’imaginent que je suis dans une jolie bulle dans laquelle je vis de belles aventures (qui sont en effet super) et que je ne pense pas vraiment à eux. C’est faux ! Je profite vraiment de la où je suis, mais je me sens reliée à eux, et c’est d’ailleurs surement cela qui me donne de la solidité dans mon périple. Merci donc pour tous les petits messages que je reçois, c’est précieux pour moi, même si je tarde parfois à répondre !


Pour finir, voici de quoi vous faire une idée en images...


PS. : Je ne peux pas voir ce que je publie, donc ne vous étonnez pas si vous découvrez un message à la mise en page un tantinet bancale...

Premiers pas à Thaprek…

« Moi Nepali boldina* »















Après mon premier bain à Thaprek, très rapide puisqu’il n’a duré que quelques jours, je viens de passer 2 jours « en ville », où j’ai eu plaisir à retrouver ce qui relève finalement du superflu : du chocolat, une bière, des gens qui parlent anglais et même français, des frites, une douche chaude, des magasins où on trouve du papier toilette, des petits dej composés d’autre chose que de riz/lentilles/légumes, des cafés avec le wi-fi… Tout cela est certes bien futile, mais j’avoue que je ne suis pas mécontente d’y regoûter de temps en temps.

Donc, après cette petite cure de futile et superficiel à Pokhara, je retourne au village dans quelques heures. Pas sure de pouvoir vous faire un petit coucou la semaine prochaine puisqu’il y a une autre fête religieuse hindouiste : Tihar. Je vais aller célébrer ça dans une famille, mais je ne sais pas encore comment ça va se passer. Même si c’est à Pokhara, je ne suis pas sûre d’avoir l’opportunité d’accéder à un ordi entre 2 assiettes de Dal Bhat et de viande de chèvre…

En tous cas, la dernière fois, je vous ai dit que je donnerai des « vraies » nouvelles, pour compenser les mails que je n’ai plus la possibilité d’envoyer. Pour commencer, je vous invite à aller découvrir le blog de Bertrand. D’une part, il est vraiment très chouette (TranBer aussi, mais là je parle du blog). D’autre part il est plus professionnel et vous y trouverez davantage d’informations et de photos sur la première partie de mon aventure népalaise. Et puis c’est intéressant d’avoir le regard de quelqu’un d’autre, ça va vous sortir de mes réflexions irrémédiablement melengoguettiennes…

Et puis, je vous ai dégotté un petit topo qui vous permettra de savoir vraiment où j’en suis… Je vous mets ça en ligne dans la foulée !



*Je ne parle pas nepali

jeudi 21 octobre 2010

Repos à Pokhara après un joli trek..

Et avant une belle aventure dans un village de montagne !















De retour de 10 jours de trekking dans les Annapurnas, je passe quelques jours de repos bien mérité à Pokhara, avant de remonter dans le village de Thaprek à ½ journée de route d’ici, pour y commencer ma vraie immersion népalaise… Un subtil mélange d’appréhension et d’enthousiasme face à ce qui m’attend, et dont je n’ai encore aucune idée !


Revenons au trek, et commençons tout net par ce qui fâche : non, nous n’avons pas atteint l’Annapurna Base Camp ! Une météo récalcitrante et un genou fragile dans l’équipe ont eu raison de nos velléités sportivo-aventurières, ça n’est donc pas cette fois que nous pourront faire les malins avec nos exploits… Mais quelle belle aventure ! Marcher, s’essouffler, faire une petite pause, goûter au grand air des montagnes, à la gentillesse et à la simplicité des népalais que nous croisons, initier une conversation avec les 3 mots que nous connaissons sans pouvoir la poursuivre, faire une étude comparative des Dal Bhat de la vallée, prendre le temps de prendre le temps (mais pas trop !)… Je n’aurais pas voulu être ailleurs que là où j’étais à ce moment là !!


Le démarrage a été un peu épique, avec une organisation de dernière minute, à la veille de Dasein, l’une des plus grandes fêtes Hindoue
du pays au cours de laquelle la vie s’arrête pour laisser la place aux célébrations. A cette occasion, 95% des népalais retournent dans leur village, les magasins sont aléatoirement ouverts, les bus sont saturés, et les routes également… Nous avons été chanceux de pouvoir monter dans le dernier bus partant pour Pokhara, et avons mis plus de 11 heures pour parcourir 200 km, bien serrés les uns contre les autres ! Même après mes péripéties au Vietnam et au Laos, je n’imaginais pas qu’il était possible de traverser un pays à une vitesse moyenne de 17km par heure…

Bref, après quelques galères dans l’obtention des permis de trekking, nous voilà partis avec nos deux baby-sitters, Kaji notre guide et Suk notre porteur. Les mauvaises langues s’amusent à dire que Suk était mon porteur personnel, mais je tiens à rétablir la vérité en précisant qu’il y avait dans son sac nos 3 duvets ainsi que nos vestes et polaires, auxquels s’ajoutaient QUELQUES effets personnels à moi. Et puis vous me connaissez, vous savez que ce n’est ni ma trousse de toilette ni ma garde robe qui peuvent prendre beaucoup de place !


Super belle semaine, déroulée tranquillement dans la joie et la bonne humeur avec mes nouveaux compagnons d’aventure. Frédérique, notre chef d’orchestre aux petits soins pour tout le monde. Bertrand, fasciné par les paysages qu’il trouvait dignes du Seigneur des Anneaux et qui a donc bien naturellement chassé le Gollum tout au long de notre aventure. Et puis, pour la touche romantico-glamour, Milena et Enzo, nos italiens rencontrés le premier jour, qui marchent en chantant…




Un temps qui m’a fait beaucoup de bien pour récupérer de la fatigue de mon aller-retour au Québec et me déposer en douceur dans cette nouvelle séquence de mon voyage. J’ai d’ailleurs réalisé hier que je m’achemine tranquillement vers la dernière partie de mon aventure, puisque je suis sur les routes depuis maintenant plus de sept mois, et qu’il m’en reste moins de quatre ! J’ai l’impression que ça va passer à une allure phénoménale et que je vais me retrouver à Paris sans rien avoir vu venir… Bon, ok je reconnais que quatre mois, c'est-à-dire plus de 120 jours, soit environ 3000 heures, ce qui correspond à la durée d’une ampoule selon Bertrand, ça me laisse le temps d’en profiter encore un chouya…

Pour l’instant, je profite de mes derniers moments Pokhara pour lambiner un peu avant de monter à Thaprek. Je suis heureuse de constater que je me sens bien dans ce pays, et de pouvoir m’imprégner en douceur de la vie d’ici avant d’être vraiment immergée dans un contexte qui sera sans doute bien plus sollicitant pour les semaines à venir... Fred et les italiens sont partis, et nous savourons avec Bertrand un nouvel art de vivre, articulé autour d’un concept très novateur : faire le minimum de choses en un maximum de temps. Voyez l’exigence de mon planning de ces derniers jours, et jugez par vous-même de l’ambition des objectifs que je m’étais fixés : acheter un nouveau cahier et des bougies (coupures d’électricité obligent), trouver un petit bouquin pour apprendre le népali, trier quelques photos, vous écrire un petit message sur mon blog, acheter une carte pour mon gsm, et me faire couper les cheveux. Et pour une fois, j’ai atteint, et même dépassé, l’intégralité de ces objectifs ! Dommage que je n’aie plus de rémunération variable…

Au moment où j’écris, je ne sais pas encore si je monte à Thaprek demain, où si je repousse mon départ pour attendre tranquillement Hélène et François qui seront à Pokhara dans quelques jours et que je ne veux pas rater !! Quoi qu’il en soit, dans les semaines à venir, je pense faire de temps à autre un aller-retour à Pokhara pour profiter d’une douche chaude et vous écrire quelques mots… J’ai dit que j’allais essayer d’utiliser ce merveilleux blog pour vous donner des nouvelles un peu plus « qualitatives » que jusqu’à présent, je ferai de mon mieux… N’hésitez pas à m’envoyer un petit mot de temps en temps, je suis sûre que ça sera maintenant encore plus précieux pour moi de vous lire quand je quitterai mes montagnes…


Une petite sélection de photos de ces 2 dernières semaines ici...



Ah, j'allais oublier de répondre à un commentaire d'Olivier, qui a pris mon blog en cours de route et me posait récemment la question suivante : "Une question pour ce premier commentaire: est-ce que, apres 7 mois de voyage, tu es toujours contente de tes sous-vetements "matiere naturelle", ou tu les as changes pour des plus "glamour" au gre de tes rencontres? :)" Alors Cher Olivier, tout d'abord merci pour cette question tout aussi pertinente qu'essentielle, à laquelle je préfère répondre publiquement puisque, j'en suis sûre, tout le monde a un intérêt majeur pour le sujet. Donc, après 7 mois de voyage, je suis dans mes fameux sous-vêtements comme dans des chaussons, bien qu'ils soient un peu éprouvés par leur dure vie de voyage... Usure des élastiques, détente des tissus, déformation des balconnets, décoloration partielle suite à l'usage de javel par les lavandières zélées du Vietnam... Je leur suis donc restée tout à fait fidèle, surtout que ma tenue "non naturelle", donc un peu plus correcte que les autres a disparu à la faveur d'une inondation dans ma chambre au Laos, dans des conditions que je n'ai pas encore bien élucidées... En bref, s'il y a du glamour en moi, il se cache ailleurs que dans mes sous-vêtements !
 

jeudi 7 octobre 2010

Coup d'accélérateur à Katmandou...

La suite commence à se profiler !




















Namasté Ami Lecteur,

Je fais vite parce que j’ai pas beaucoup de temps, et que je ne peux pas me permettre que tu fasses une overdose de posts…

Deux petites journées à Katmandou et tout s’est accéléré… Hier j’ai pourtant commencé bien tranquille, à déambuler au petit matin dans les rues de la Vieille Ville qui a un « je ne sais » quoi de fascinant… C’était doux, envoutant… Puis, la ville s’est réveillée et la magie a laissé place à l’agitation, à la foule et aux bruits. Après cette première journée de repérages émerveillés et désorientés, c’est étourdie, épuisée et heureuse que je me suis couchée hier soir...

Ensuite, missionnée par mon ami Cédric, tour-du-mondiste rentré au bercail voilà 6 mois, j’ai retrouvé son ami Bertrand qui arrivait tout juste du japon… Le veinard, il a profité de l’immense savoir que j’avais déjà acquis sur Katmandou, et aussi de mon sens de l’orientation pas pire pour une fille… Belle matinée à la découverte du Swayambhunath, sanctuaire bouddhique sous le charme duquel nous sommes tombés.

Et puis là, la conjonction de 2 phénomènes a déclenché un cataclysme dans ma journée. J'ai rencontré le patron de l'ONG avec laquelle j'étais en contact pour faire du volontariat. Et Frédérique, une amie de Bertrand, nous a rejoint... Et quand Frédérique arrive, elle n'arrive pas seule ! Elle est accompagnée de sa patate, de sa capacité de décision, de son esprit d'organisation et de planification, et de son enthousiasme communicatif !

Tout ça pour vous dire que nous partons tous les trois dès demain pour Pokhara, ou nous ferons un trek d'une dizaine de jours au Sanctuaire des Annapurna. Ensuite, je vais pouvoir rejoindre le petit village de Thaprek pour travailler dans l'école et avec les gens du village ! Le deal c'est que je monte voir comment c'est, et qu'ensuite je décide si je veux rester... L'électricité n'a été installée que récemment, pas de douche sur place, internet à oublier, des habitants qui ne parlent pas anglais, ... je me laisse voir comment je vais me sentir ! En tous cas,  je m'autoriserai de temps en temps un aller-retour à Pokhara, surtout que François et Hélène y seront de passage après un trek de malades !

Du coup, pas d'internet pendant 10 jours, puis pendant plusieurs semaines, selon la durée de mon activité à Thaprek... Pour une fois, j'aurai une vraie bonne raison de ne pas donner de nouvelles !!

Bon, je file préparer mon sac ! Comme vous voyez, je suis un peu excitée, cela fait beacoup de nouveauté à assimiler. A la fois enthousiaste et pleine d'appréhensions... A suivre...

PS. : Cédric, mission Snowman Café accomplie également ! on a même commencé le repas par ça, histoire de pas le louper... Choco Love Cake savouré avec gourmandise !

Le laos : douceur, nonchalance & sticky rice...

Du 18 au 31 août 2010
















Bon, faisons preuve de sérieux pour une fois, et revenons enfin sur ces dernières semaines, voire ces 2 derniers mois. Depuis 2 jours, je suis au Népal. Ca, vous avez eu l’info toute fraiche. Et entre ma dernière journée vietnamienne vitaminée par Dong le doux-dingue et ma première journée népalaise tendance réadaptation au classique package bruit/foule/pollution…, j’ai refait le plein de calme, d’abord au Laos, puis au Québec.

C’est plutôt du Laos dont je vais jazzer un peu aujourd’hui, parce que ça a vraiment été le coup de cœur de mon voyage. Les choses y ont été particulièrement douces et fluides, et c’est là que j’ai apprécié le plus la vie, les paysages, les gens… Un moment marquant de mon voyage donc.

Ce qui m’a d’abord frappée, c’est que tout est simple. Obtenir le visa et passer la frontière est un jeu d’enfant qui prend à peine plus de quelques minutes. Et puis, après quelques instants en bus, on est déjà dans un monde qui n’a plus rien à voir avec le Vietnam. C’est difficile à qualifier, mais tout m’a paru plus paisible, plus beau, plus doux, et plus pauvre aussi… Passer de la l’hyper-tout Saigon à la douceur de vivre de Savannakhet a été un grand bonheur. Flâner dans les rues aérées en répondant au sourire de ses habitants, siroter une petite bière en regardant le soleil se coucher sur le Mékong (je sais, ça devient d’un banal…), voilà par quoi j’ai commencé là-bas… Simplicité de la vie qui s’écoule au rythme d’un temps qui parait presque suspendu.

Simplicité également du voyage. Tenez, pour prendre un bus il vous suffit… d’acheter votre billet à la gare routière et vous êtes partis dans le quart d’heure qui suit ! Personne pour s’acharner à vous convaincre que vous ne pouvez pas vous rendre là où vous voulez par vos propres moyens, et qu’il est indispensable de booker un tour « 3 jours/2 nuits »… Certes, avec les bus publics, il vous faudra 10 heures pour faire 400 km, mais à ce prix, vous avez en boucle les tubes de l’été joués à tue-tête, un bus harmonieusement décoré de rideaux fleuris roses à frous-frous, et la possibilité d’engloutir une grosse portion de sticky rice à chaque pause… J’ai d’ailleurs une petite confidence à vous faire : je crois que j’ai développé une légère dépendance au sticky rice… si on s’entend qu’en manger 3 fois par jour n’est peut-être pas tout à fait la norme des européens…

Beauté des couleurs, les rives du Mékong au soleil tombant, on y revient toujours, mais c’est magique. Les verts lumineux et éclatants des rizières et des montagnes de Vang-Vieng, découvertes depuis la terre (à vélo), depuis l’eau (en kayak) et depuis les airs (en escalade). La terre rouge des villages des alentours de Luang Nam Tha, et regarder la vie qui s’y écoule comme à une autre époque. Les reflets des temples et l’orangé des robes des moines à Luang-Prabang… Beauté des rencontres, avec un coup de cœur dans mon pays coup de cœur : Francesca et Fabrice…

J’ai vraiment eu le sentiment de pouvoir me remplir de tout cela, et à mon rythme s’il vous plait… Et même si le tourisme se développe rapidement et devient massif, (Vang-Vieng est ses jeunes travellers ivres ou vautrés devant de vieux épisodes de Friends, le charme de Luang Prabang dénaturé par des foules de touristes…), personne ne perd son flegmatisme et sa tranquillité. Il suffit de quitter les coins les plus courus, et on retrouve vite la douceur de vivre du Laos authentique...

C'est donc à Savannakhet que mon périple laotien a démarré, pour se poursuivre vers le nord via Vientiane et Vang-Vieng, jusqu'à Luang Prabang. De là, petit crochet dans un minuscule village encore plus au nord, avant filer vers l'est, à Luang Nam Tha. Je suis ensuite passée en Thaïlande, où je me suis arrêtée brièvement à Chiang-Mai et Bangkok...

Quelques images du laos ici